EN 20 ANS CE SONT LES CLASSES MOYENNES QUI ONT LE MOINS PROFITÉ DE LA MONDIALISATION

Un professeur de l’Université de new-York a publié une étude (ici) montrant que ce sont à la fois les 1% les plus riches et les 70 % les moins riches qui ont vu leur revenu progresser le plus de 1988 à 2008 grâce à la mondialisation.

Les 70 % les moins riches et notamment ceux compris entre 50 et 70 % des revenus les moins riches correspondent à la middle class asiatique (Chine, Inde).

Le 1% les plus riches au niveau mondial correspond par exemple aux familles avec 2 enfants gagnant plus de 180 000 $ net après impôts.

Cette distribution de la croissance des revenus est représentée par le graphique ci-dessous.

Cette étude met à mal les idées reçues selon lesquelles les riches deviennent toujours plus riches (vrai pour le 1% les plus riches) et les pauvres deviennent toujours plus pauvres (ce qui serait faux) ».

MÉLENCHON UNE BELLE RÉUSSITE DÉMOCRATIQUE AVEC BEAUCOUP DE PROPOSITIONS INTÉRESSANTES

Sur la méthode 

La construction des propositions du programme de Jean-Luc Mélenchon « L’avenir en commun » est un bel exemple de démocratie participative et d’utilisation du Web comme principal outil de participation et de communication. J’incite chacun à passer un peu de temps sur le site « L’avenir en commun » et certaines des pages qui y sont référencées notamment les livrets thématiques, les 7 axes programmatiques et le processus.

Certes on peut être sceptique sur la réelle efficacité et la volonté de prendre en compte les propositions de tout un chacun, cela peut ressembler à un bel exercice de manipulation mais je préfère être éventuellement naïf et croire en la sincérité de la démarche.

Certes on peut émettre des critiques sur le culte de la personnalité qui est développé autour du leader charismatique qu’est Jean-Luc Mélenchon mais là aussi je préfère être naïf et quand même pragmatique, tous les grands mouvements de changement ont nécessité des leaders.

Sur le fond

Une grande partie du constat et des intentions sont très pertinentes comme la volonté de vouloir bâtir une société où les valeurs sont avant tout humaines et où l’argent est relayé au second plan (dans l’échelle des valeurs).

De la même façon beaucoup de propositions concrètes issues des groupes de travail sont pertinentes et surement efficaces,

Il en demeure pas moins vrai que la mise en oeuvre de ce programme feraient courir un risque certain voire plus au maintien du niveau de vie matériel de la grande majorité des classes moyennes françaises, certes l’argent ne serait plus la valeur frontale néanmoins il peut être utile !

L’EXPLOSION DU SYSTÈME POLITIQUE FRANÇAIS : UNE NOUVELLE RÉVOLUTION N’EST PLUS PROBABLE ELLE EST CERTAINE

Depuis un an on assiste à l’éclatement du système politique français qui s’est traduit par le rejet de la plupart des ténors politiques des dix dernières années (Sarkozy, Juppé, Hollande, Valls), par l’explosion du parti Socialiste, la montée en flèche dans les sondages des extrêmes de droite comme de gauche traduisant à la fois un rejet de notre vie politique et de notre modèle social et économique.

Ainsi au 15 février 2017 selon le sondage quotidien des ÉCHOS notre modèle de société est rejeté par la gauche par 29% des français (Mélenchon, Poutou, Hamon, Jadot) et par la droite par 27 % des français (Le Pen).

Si on rajoute à cela les 21% qui se déclarent favorables à Macron qui traduisent aussi une volonté de changer à la fois notre modèle social et économique et la façon de gérer la chose publique cela fait plus de 65 % des français qui veulent d’une façon ou d’une autre changer en profondeur le système social et économique en proposant la plupart du temps des modèles à chaque fois en forte rupture.

Seuls les partisans de Fillon (20%) représentent le dernier ilot de résistance en faveur du modèle libéral traditionnel.

De ce point de vue Macron peut être perçu soit comme une tentative « désespérée » des libéraux de sauver leur système soit comme la seule proposition réaliste et non risquée de transformer en profondeur la société, l’avenir nous dira laquelle de ces vérités est la bonne car comme le disait Oscar Wilde « Le chemin des paradoxes est le chemin du vrai, pour éprouver la réalité il faut la voir sur la corde raide, c’est lorsque les vérités deviennent des funambules que l’on peut les juger » (Le portait de Dorian Gray).

Ces tendances qui sont maintenant inscrites dans la durée traduisent tout simplement une volonté forte de changement extrêmement profond de notre modèle de société, nous sommes quoique l’on fasse à l’aube d’une VÉRITABLE RÉVOLUTION MAINTENANT INÉVITABLE, elle arrivera soit maintenant soit dans quelques années mais elle est inéluctable, le modèle actuel fondé sur le néo-libéralisme pur et dur a failli et comme on le disait autrefois « a désespéré Billancourt », « Billancourt » exige maintenant du changement et est prêt à croire à toute promesse d’un monde nouveau  en faisant peu de cas du manque de rigueur économique et des risques potentiels des propositions émises.

EVOLUTION DU PIB ET DU PIB PAR HABITANT EN 2050

Selon différentes études la France passera en niveau de PIB (Produit Intérieur Brut) du 10 ème rang mondial en 2016 au 12 ème rang mondial en 2050.

Dans le top 10 des puissances économiques mondiales, la France pourrait perdre sa dixième place dès 2030 au profit du Mexique, selon une étude de PwC.

Dans le même temps en niveau de PIB par habitant la France restera dans le peloton de tête mais l’écart avec des pays comme la Chine, le Brésil ou l’Inde aura diminué fortement.

Graphique : PIB par habitant en parité de pouvoir d’achat (Source: PWC)

Graphiques : PIB Par habitant (Source: Goldman Sachs)

IL FAUT RELANCER L’INVESTISSEMENT PUBLIC – C’EST UNE QUESTION DE SURVIE POUR L’ÉCONOMIE FRANÇAISE

Un investissement public très faible et en baisse

L’investissement public pesait pour 63,7 Md€ en 2012 soit 5,5 % des dépenses publiques, ce qui est très peu. Les grandes masses des dépenses publiques sont avant tout constituées des dépenses sociales (64 % du total) ou de la masse salariale (23 %).

L’investissement public est en forte baisse, il est passé de 4 % à 3,5 % du PIB de 2012 à 2015, à un moment où il fallait au contraire en faire un moteur de croissance. Si l’on tient compte de la dépréciation du capital, l’accumulation d’actifs fixes par l’Etat est en décroissance encore plus marquée : l’Etat n’accumule plus d’actifs pour les générations futures.

70% de l’investissement public est fait par les collectivité locales or depuis quelques années les collectivités locales étranglées par les baisses des subventions de l’état ont effondré le niveau des investissements, ce qui est catastrophique pour l’état de nos infrastructures (routes, écoles, etc..) qui sont en grande majorité financées par ces collectivités locales.

Ainsi en 2015 du fait de la baisse de 3,7 milliards d’euros des dotations de l’État, les collectivités locales ont baissé leurs dépenses d’investissement de 6 milliards, leurs budgets de fonctionnement étant obligatoirement à l’équilibre (« règle d’or »).

A quoi doit servir l’investissement public ?

Il sert :

  • A doter les services régaliens des moyens nécessaires à un service efficace (Défense, Police, Justice, Education, Culture, etc..)
  • A équiper la France des infrastructures nécessaires au développement de son économie et à une vie sociale harmonieuse (logements, routes, numérique, etc..)
  • A améliorer l’efficacité des services publics en réduisant les coûts de fonctionnement grâce notamment à la numérisation des services publics (Santé, Police, Education, etc..)

L’utilisation des investissements publics est indiqué dans le tableau ci-dessous.

La relance de l’investissement public doit aller de pair avec l’efficacité des dépenses publiques c’est à dire l’optimisation et la réduction des dépenses publiques de fonctionnement.

(sources de données caisse des dépôts, Insee)

 

IL FAUT RÉDUIRE LES DÉPENSES PUBLIQUES DE FONCTIONNEMENT : POURQUOI ? COMMENT ?

Préalable : dans l’article qui suit je parle avant tout des dépenses publiques de fonctionnement que je distingue des dépenses publiques d’investissement. Dans un autre article je traiterai de mon opinion sur la stratégie de dépenses publiques d’investissement.

Pourquoi faut-il réduire les dépenses publiques de fonctionnement ?

  • La 1 ère raison est que l’argent publique doit par principe être utilisée avec le maximum d’efficacité car il s’agit de l’argent que tous les citoyens mettent à la disposition de la communauté pour leur délivrer des services publics et de protection sociale, vis-à-vis ne serait-ce que des plus fragiles nous nous devons d’être efficaces dans notre utilisation de l’argent public,
  • La 2 ème raison est que trop de dépenses génère du déficit public qui oblige à emprunter sur le marché des capitaux ce qui coûte très cher en remboursement d’intérêts et de capital (en 2015 118 milliards d’Euros par an – 9,4 % du budget de l’état – dont 42 milliards d’intérêts soit presque que autant que le revenu de la TVA – 130 milliards) et fait peser à terme un risque de non-solvabilité de l’état français et donc d’effondrement total de l’économie française (actuellement la dette de l’état pèse 97 % du PIB soit près de 2200 milliards d’euros),
  • La 3 ème raison est que en vivant ainsi à crédit depuis près de  40 ans notre génération a fait porter sur les générations futures le prix de notre irresponsabilité présente,
  • La 4 ème raison est que toute marge de manoeuvre gagnée sur les coûts de fonctionnement permet de dégager des moyens pour les investissements publics et ainsi d’améliorer par exemple les moyens de nos services publics régaliens (Défense, Police, Justice),

Pourquoi est-il possible de réduire simplement les dépenses de l’état ?

  • Tout d’abord parce que depuis des décennies très peu de chose a été fait, pour preuve l’augmentation continue y compris en Euros actualisés des dépenses publiques depuis 40 ans ! et quand peu de chose a été fait il est assez facile d’améliorer les choses,
  • Ensuite lorsque l’on compare notre performance des services publics par rapport à des pays comparables notre rapport services rendus ou rémunération des services rendus sur le coût de ces services est très défavorable à la France,  à titre d’exemple nous dépensons autant par enfant que l’Allemagne dans notre système éducatif et pourtant nos enseignants sont payés 30 % moins chers !,
  • Ensuite parce que le rapport de la cour des comptes nous indique depuis quelques années des pistes simples d’optimisation de nos dépenses publiques qui permettraient d’économiser des milliards d’euros et que peu de ces mesures sont mises en oeuvre,

Je ne pense pas qu’il y ait besoin de mettre en oeuvre des mesures d’austérité pour optimiser et réduire les dépenses publiques de fonctionnement, je pense seulement qu’il faut du courage, décider de mettre fin au clientélisme et aux privilèges corporatistes et peut-être quand même remettre certains au travail.

DÉPENSES DE L’ÉTAT TOUJOURS EN HAUSSE TRÈS PEU D’EFFORTS D’OPTIMISATION

Les dépenses de l’état ont augmenté chaque année au cours du quinquennat de François Hollande et ce malgré les nombres pistes d’optimisation suggérées par la cour de comptes dont moins de la moitié ont été mises en oeuvre comme le souligne la cour des compte dans son rapport 2017 publié le 8 février.(Rapport cour des comptes 2017)

D’après le rapport annuel, sur 1792 recommandations faisant l’objet d’un suivi, émises entre mars 2012 et février 2015, 46,9% ont fait l’objet d’un refus pur et simple de l’administration, d’une non mise en œuvre, ou d’une mise en œuvre partielle.

A titre d’exemple les dépenses de santé ont continué de déraper alors que de nombreuses mesures simples à mettre en oeuvre suffirait à faire des milliards d’euros d’économie, le rapport liste  les économies potentielles que ses réformes non appliquées permettraient de dégager:

  • Développement de la chirurgie ambulatoire: 5 milliards d’euros/an
  • Réorientation de patients des urgences hospitalières vers la médecine de ville: 500 millions d’euros/an
  • Hausse de la prescription des médicaments génériques: 2 milliards d’euros/an
  • Améliorer le contrôle des frais de transport en ambulance: 450 millions d’euros/an

Si la réduction du déficit public en pourcentage du PIB (ce qui est très relatif !) est une réalité, la cour des comptes pointe qu’il est à 40% dû à la baisse des taux d’intérêts de la dette. Un élément complètement indépendant de la volonté de François Hollande.

La preuve, nos voisins européens ont mieux su tenir leurs finances. Non seulement, la réduction des dépenses (en pourcentage du PIB , pas en valeur absolue !!) a été plus lente en France qu’ailleurs, mais les dépenses ont augmenté beaucoup plus vite. On repassera pour l’austérité…

Enfin, la Cour des comptes ne croit pas vraiment à l’objectif « très ambitieux » de déficit public fixé à -2,7% en 2017 par le gouvernement. Selon elle, la croissance sera moins forte que prévue, et les dépenses encore une fois plus élevées.

MONSIEUR FILLON VOTRE COMPORTEMENT N’EST PAS ACCEPTABLE VOUS DEVEZ VOUS RETIRER

Monsieur Fillon pendant plus de 35 ans vous avez profité du système, peut-être de façon légale mais toujours en utilisant aux limites ce que la loi permettait.

Comment peut-on entretenir une propriété comme la vôtre avec un salaire de député, de sénateur ou même de premier ministre et faire vivre une famille de quatre enfants, c’est de toute évidence impossible, il vous a donc fallu trouver des financements autres.

Monsieur Fillon vous faites partie de ces politiques dont on ne veut plus, vous avez eu le tort de vous faire prendre ayez au moins l’élégance et l’intelligence de vous retirer pour faire grandir la France.

Ce n’est pas votre tour de passe passe du lundi 6 février qui y change grand chose.

Oui vous regrettez mais vous avez commis une grave erreur qui ne vous permets plus de vous présenter à la magistrature suprême, vous n’êtes pas digne du peuple de France.

LES ÉLECTEURS DE LA PRIMAIRE DE LA GAUCHE ONT CHOISI L’UTOPIE, DOMMAGE !

Le camp de l’utopie a donc gagné et oui le « Mitterrandisme » c’est bien fini il ne peut plus y avoir de synthèse.

C’est terrible de penser que justice sociale , égalité des chances , nouveau modèle de société devraient rimer nécessairement avec utopie.

Autant je ne peux que être d’accord avec le constat d’échec et de nuisance du capitalisme mondial néo-libéral et la direction de progrès vers laquelle doit évoluer notre société (égalité des chances, partage du travail, écologie, etc..) autant il paraît évident que les solutions simplistes proposées par Benoît Hamon conduiraient si elles étaient mises en oeuvre à tout le contraire.

Pourquoi faudrait-il continuer à opposer travail, créativité, libre entreprise avec progrès social, égalité et fraternité ? Non seulement ces valeurs n’ont aucune raison d’être opposées et incompatibles mais en plus leur coexistence est le meilleur moyen de permettre l’épanouissement des femmes et des hommes et d’avancer vers plus de progrès social.

Il faut simplement pour cela renoncer aux vieux concepts du 20 ème siècle (du genre libre entreprise et capital signifient exploitation des travailleurs, ce n’est heureusement pas si simpliste) qui certes ont eu leurs raisons d’être mais qui sont aujourd’hui dépassés.

Par ailleurs croire que progrès social doit nécessairement rimer avec absence de rigueur et angélisme est certes très romantique mais me semble-t-il assez irresponsable et populiste, au contraire pour continuer à développer dans nos pays le progrès social il faut plus que jamais faire preuve de rigueur qu’il ne pas confondre avec austérité.

La sortie de crise demande à tous et pas seulement aux responsables politiques de faire preuve d’imagination, d’intelligence dans l’analyse, de rigueur économique et enfin de travail pour inventer un nouveau modèle économique et social adapté à notre monde de demain qui sera caractérisé sans doute par moins de croissance au sens du PIB dans les pays dits « développés » et une part de plus en plus importante du numérique.